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Ligue 1 : Jean-Michel Aulas milite pour une meilleure protection de la formation française

Le président lyonnais veut pouvoir lutter à armes égales avec les concurrents étrangers !

Jean-Michel Aulas est le président de l'OL depuis 1987 (iconsport)
Jean-Michel Aulas est le président de l'OL depuis 1987 (iconsport)

Présent à l’Assemblée Nationale ce mardi 20 juillet, Jean-Michel Aulas a participé à une session de questions / réponses au sujet de l’état de santé du football français. Le président de l’Olympique Lyonnais en a profité pour militer en faveur d'une meilleure protection de la formation en France des jeunes talents. Plus

Sujet de crispation au sein du football français, la fuite vers l’étranger des jeunes joueurs formés localement était au cœur des discussions à l’Assemblée Nationale ce mardi 20 juillet. Président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas a fait face aux députés de la mission d’information sur les droits de diffusion audiovisuelle du sport. À cette occasion, le dirigeant lyonnais a pu échanger autour de divers sujets quant à l’état de santé du football français. À cette occasion, la crise sanitaire, le fiasco Mediapro ou encore la protection de la formation ont été abordés. 

Le centre de formation de l'OL du président Jean-Michel Aulas s'est vu attribuer, ce mardi 20 juillet, une note de 4 étoiles par le rapport rendu public par la Fédération Français de Football (iconsport)
Le centre de formation de l’OL du président Jean-Michel Aulas s’est vu attribuer, ce mardi 20 juillet, une note de 4 étoiles par le rapport rendu public par la Fédération Française de Football (iconsport)

Aulas demande à verrouiller les premiers contrats professionnels

Sur ce dernier point, Jean-Michel Aulas s’est montré particulièrement incisif. Alors que l’OL possède l’un des quatre centres de formation français notés 4 étoiles par la FFF (le rapport de la Fédération qui se base sur plusieurs critères a été publié ce mardi 20 juillet), le président a milité en faveur d’une meilleure protection des jeunes joueurs formés en France dans le but d’aider les clubs à les conserver plus longtemps

« En terme de droit, il faudrait que le premier contrat professionnel soit, non pas de 3 ans, mais de 5 ou 6 ans. Et faire en sorte que les clubs qui forment aient la certitude qu’ils ne partent pas ailleurs. Car un joueur qui arrive en fin de contrat de formation en France, s’il ne signe pas son premier contrat pro, peut partir gratuitement à l’étranger. Ce n’est pas le cas en France car il y a un accord avec les clubs français mais il peut partir à l’étranger. Il y a une perte évidente.« 

Jean-Michel Aulas devant l’Assemblée Nationale

Même son de cloche du côté d’Al-Khelaïfi

Les propos de Jean-Michel Aulas font alors écho à ceux de son homologue parisien Nasser Al-Khelaïfi. En juin, le président du PSG avait été interrogé par L’Équipe sur la saignée des talents dont est fréquemment victime le club de la capitale. En réponse, le dirigeant avait avancé une proposition d’amélioration du système français.

« Si vous voulez que je vous dise qu’on ne va plus perdre de jeunes, c’est impossible. Tous les clubs en perdent. En particulier en France à cause du premier contrat limité à trois ans. À l’étranger, ils peuvent signer cinq ans. On doit changer la règle car ça nous met en position de faiblesse. Regardez comment les clubs allemands en profitent.« 

Nasser Al-Khelaïfi pour L’Équipe
Le mois dernier, Nasser Al-Khelaïfi évoquait dans L'Équipe le besoin de faire évoluer de 3 à 5 ans la durée du premier contrat professionnel en France. Ce mardi, Jean-Michel Aulas a défendu cette évolution devant l'Assemblée Nationale (iconsport)
Le mois dernier, Nasser Al-Khelaïfi évoquait dans L’Équipe le besoin de faire évoluer de 3 à 5 ans la durée du premier contrat professionnel en France. Ce mardi, Jean-Michel Aulas a défendu cette évolution devant l’Assemblée Nationale (iconsport)

À noter que l’UNFP s’est elle toujours opposée à une telle évolution. L’année dernière, son co-président Philippe Piat déclarait à Eurosport : « Comme la convention collective prévoit un salaire minimum de 3.000 euros, cela veut dire qu’un joueur qui signe pour cinq ans peut s’engager avec un salaire assez bas et qu’ensuite, il est à la merci du club. Il pourrait alors ne pas être augmenté pendant cinq ans. Donc ce n’est pas l’intérêt du joueur. Ou alors des mauvais joueurs. » En 2018, le syndicat des footballeurs avait même obtenu l’abandon d’un amendement au projet de loi sur la formation professionnelle, voté par l’Assemblée Nationale, et qui augmentait à 5 ans la durée du premier contrat pro.

Deux Parisiens ont encore rejoint le Borussia Dortmund cet été

En France, la limitation à trois ans figure à l’article L.211-5 du Code du sport. Cette disposition se trouve également dans les règlements de la Ligue de Football Professionnel (LFP) et handicape aujourd’hui fortement les clubs français. Ainsi, de jeunes joueurs formés en France n’hésitent pas, à chaque mercato, à franchir les frontières pour signer un premier contrat professionnel dans des clubs étrangers.

Outre des salaires souvent plus avantageux, ces derniers peuvent surtout proposer des contrats portant sur 4, 5 voire 6 saisons. Ainsi, ce mardi 20 juillet, le Borussia Dortmund a-t-il annoncé le recrutement d’Abdoulaye Kamara, jeune milieu du PSG. Il rejoint Soumaïla Coulibaly, également formé à Paris, et parti dans la Ruhr il y a quelques jours pour 5 saisons. Avant eux, c’est Dan-Axel Zagadou qui avait rejoint en 2017 le BvB sans avoir signé pro en France. La saison dernière, le cas Tanguy Kouassi, bien plus médiatisé, avait aussi agité le club de la capitale. Si les responsabilités de cette fuite des talents sont partagées, à Lyon, à Paris et dans tous les clubs français, on aimerait pouvoir se battre à armes égales avec les concurrents étrangers…

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