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Pablo Longoria : le président de l’Olympique de Marseille pointe les défauts du football français !

« Absence de modèle de jeu » et « joueurs individualistes » au menu…

Pablo Longoria, le président de l'Olympique de Marseille. Icon Sport
Pablo Longoria, le président de l'Olympique de Marseille. Icon Sport

Pablo Longoria, le président de l'Olympique de Marseille, n'a pas été tendre envers le football, qu'il a accusé de divers maux lors d'une interview à El Pais. "Absence de modèle de jeu", "joueurs individualistes", "entraîneurs qui ne savent pas s'exporter"... Le football français en prend pour son grade ! Plus

Si Pablo Longoria est déjà président d’un club comme l’Olympique de Marseille à 34 ans, ce n’est pas par hasard. Cet expert de la data et du recrutement a une vision très affirmée du football… et elle ne correspond pas à celle que s’en fait la France ! L’Espagnol a en effet ciblé la liste de tous les défauts du football français, selon lui, lors d’une interview avec El Pais.

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Pour Pablo Longoria, le principal problème du football français, et c’est de là que découlent tous les autres, est « l’absence de modèle de jeu« . Dans d’autres grandes nations footballistiques, on retrouve une ligne directrice qui sous-tend les philosophies des entraîneurs et des clubs du pays, et même de l’équipe nationale.

L’Espagne, par exemple, a régné sur le football mondial entre 2008 et 2012 grâce à son jeu de possession, basé sur une succession de passes courtes. Du centre de formation des clubs jusqu’à l’équipe nationale, ce même fil rouge guidait la façon de jouer des équipes. L’Allemagne, quant à elle, est aujourd’hui associée au contre-pressing, ce pressing intense dès la perte du ballon, comme popularisé par Ralf Rangnick, et repris par Jürgen Klopp, Julian Nagelsmann et Hansi Flick.

L'Espagne à son apogée après sa victoire lors de la Coupe du monde 2010. Icon SPort
L’Espagne à son apogée après sa victoire lors de la Coupe du monde 2010. Icon SPort

La France ne peut pas en dire autant. Est-il possible d’identifier un principe conducteur qui anime le jeu des clubs français en Ligue 1 ou en Coupe d’Europe ? Difficilement. Même les responsables du football français en conviendront, comme le Directeur Technique National (DTN) Hubert Fournier l’a fait :

« On n’est pas dans la volonté d’imposer un style de jeu particulier. Nous souhaitons laisser une liberté à nos entraîneurs car le football évolue constamment. On refuse une forme de dictature dans laquelle on imposerait à nos clubs et nos entraîneurs de mettre en place un style de jeu« .

Le DTN Hubert Fournier, à Eurosport
Le DTN Hubert Fournier est l'ancien entraîneur de l'Olympique lyonnais. Icon Sport
Le DTN Hubert Fournier est l’ancien entraîneur de l’Olympique lyonnais. Icon Sport

Des joueurs « individualistes »

Cette absence de ligne directrice a une conséquence concrète sur les caractéristiques des joueurs et des entraîneurs français, pour Pablo Longoria. Le président de l’OM commence par accoler un objectif assez peu flatteur aux joueurs : « individualistes » .

« On forme des joueurs très individualistes, pas vraiment intégrés à une idée très concrète du jeu. A Paris, Marseille ou Lyon, les joueurs continuent de jouer dans la rue et cela crée une formation individualiste qui leur permet de faire de grosses différences. »

Pablo Longoria à El Pais
Pablo Longoria. Icon Sport
Pablo Longoria. Icon Sport

Une vision à contre-courant des critiques fréquemment formulées au championnat français, accusé d’être trop peu spectaculaire, trop rigide tactiquement et de souffrir d’un gros manque de technique. Où sont les joueurs français capables « de faire de grosses différences« , selon Longoria, dans notre Ligue 1 ? Dans les championnats étrangers, certainement, où leurs talents sont davantage mis en valeur.

Ousmane Dembélé, le joueur de différences par excellence, a rapidement quitté le Stade Rennais pour le Borussia Dortmund, puis le Barça, où il flambe actuellement. Icon Sport
Ousmane Dembélé, le joueur « de différences » par excellence, a rapidement quitté le Stade Rennais pour le Borussia Dortmund, puis le Barça, où il flambe actuellement. Icon Sport

Des entraîneurs peu attractifs

L’absence de modèle de jeu a aussi un impact sur les entraîneurs français. Hors de France, ceux-ci ne font pas recette, puisque Zinédine Zidane (Real Madrid) est le seul technicien français aux commandes d’un club du Big Five. Trop fades, trop neutres, les entraîneurs français ne correspondraient pas à la vision qu’un club se fait du football. Un club se construit en effet grâce à une identité, qu’un projet de jeu affirmé vient renforcer.

« Objectivement, si on analyse le monde dans son ensemble, la France est un des pays qui exportent le moins d’entraîneurs. Parce qu’ils ne vendent pas d’idées collectives.« 

Pablo Longoria à El Pais
Zinédine Zidane est le seul entraîneur français d'un club du Big Five, hors Ligue 1. Icon Sport
Zinédine Zidane est le seul entraîneur français d’un club du Big Five, hors Ligue 1. Icon Sport

Des critiques qui ont fait bondir plusieurs techniciens français de Ligue 1, comme Bruno Génésio (Rennes) ou Antoine Kombouaré (Nantes). Interrogés à ce sujet en conférence de presse, ceux-ci ont tout de suite dégainé la réponse idéale : avec un sélectionneur champion du monde (Didier Deschamps) et un entraîneur triple vainqueur de la Ligue des champions entre 2016 et 2018 (Zidane), les entraîneurs français ne se portent finalement pas si mal, non ?

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