Vingt-huit. C'est le nombre de minutes que Corentin Tolisso avait disputées le samedi 18 mai, depuis son retour de blessure trois jours plus tôt. Mais lors de l'annonce de la liste de Didier Deschamps pour l'Euro, le nom du milieu du Bayern est bel et bien apparu. Un miracle ou presque, pour un Tolisso qui n'y croyait pas lui-même. "Le jour où je me suis blessé, je me suis dit : ' c’est mort ' (pour l’Euro, ndlr)", a-t-il raconté en interview à L'Équipe.

Un Tolisso "au fond du trou"

Après l'annonce du verdict suite à sa blessure (trois à quatre mois d'arrêt), Tolisso tirait déjà un trait sur ses rêves d'Euro. D'autant que les premières semaines ont été très difficiles, comme le raconte le champion du monde 2018 :

"Les six premières semaines après l’opération sont vraiment pénibles parce que je ne peux pas marcher. Je suis en béquilles avec interdiction de poser le pied au sol. C’est dur de rester sur le canapé, impuissant. (...) j’étais au fond du trou. Je disais à Kingsley Coman : "J’en ai plus que marre ! Les croisés en 2018, l’année dernière un truc de trois moi et là rebelotte ". Franchement, mentalement, j’ai vécu la blessure la plus dure de ma carrière, plus que les croisés."

Corentin Tolisso à L'Equipe

Le message de soutien de Deschamps

Mais après quelques semaines, l'espoir renaît pour celui qui met les bouchées doubles lors de sa rééducation. Une fois que j’ai lâché les béquilles, je me suis senti bien et je me suis remis l’Euro en tête." Tolisso (26 ans) se remet d'autant plus à croire après le message d'un contact bien connu : Didier Deschamps. "Il m’a dit qu’il savait que j’avais une grosse force mentale. Quand tu es au fond du trou, ça fait du bien."

A force de volonté, Tolisso finit par accélérer son processus de guérison et rechausse enfin les crampons en match officiel le 15 mai en championnat. Insuffisant pour faire partie de l'aventure à l'Euro ? "La liste était par ordre alphabétique et mon nom devait être le dernier dans les "milieux". Tant que je ne voyais pas écrit "attaquants", j'y croyais. Et mon nom est apparu. On a explosé de joie avec Kingsley Coman, Lucas Hernandez et Benjamin Pavard, qui ont suivi l'annonce avec moi."

Une force de caractère qui a impressionné Didier Deschamps, qui n'a pas hésité à faire confiance à Tolisso malgré une concurrence démentielle au milieu.