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France-Ukraine : le coaching de Didier Deschamps en question

« DD » a tenté, mais il s’est trompé

Didier Deschamps est apparu démuni contre l'Ukraine (1-1), mercredi 24 mars. Icon Sport

Il a manqué de beaucoup de choses à l'équipe de France pour mériter mieux qu'un match nul face à l'Ukraine (1-1), mercredi 24 mars. Néanmoins, les Bleus auraient peut-être pu forcer la décision en faisant les bons changements. Mais Didier Deschamps, s'il a tenté, semble s'être trompé dans son coaching... Plus

Avec Kylian Mbappé et Kingsley Coman sur les ailes, Didier Deschamps avait fait le choix d’une composition offensive pour défier l’Ukraine, mercredi 24 mars. Bien lui en a pris : les Bleus ont tout de suite pris leurs adversaires à la gorge, incapables de faire front malgré leur défense à cinq. Mais après une première demi-heure convaincante, illuminée par l’ouverture du score merveilleuse d’Antoine Griezmann, les Bleus ont progressivement perdu pied. L’égalisation de l’Ukraine à la 57e minute (de Presnel Kimpembe contre son camp) n’a fait que concrétiser cette baisse de régime générale.

Les Bleus se brûlent les ailes

En dilettante lors du dernier quart d’heure de la première période, les Bleus auraient dû rappuyer sur l’accélérateur dès le début de la seconde période. Mais il n’en a rien été. Il est vite apparu clair que les partenaires de Raphaël Varane étaient sans gaz, sans énergie, sans solutions. Le dispositif en vigueur (le 4-2-3-1) n’avait plus lieu d’être. Le point fort du système que Didier Deschamps avait choisi de mettre en valeur (les ailiers choisis pour dynamiter la défense adverse), ne fonctionnait plus. Le sélectionneur l’a lui-même reconnu en conférence de presse d’après-match :

« Je pensais que Kylian (Mbappé) pouvait encore nous amener à faire des différences par sa vitesse et sa mobilité, mais face à un bloc dense, c’est plus compliqué pour tout le monde. »

Didier Deschamps en conférence de presse d’après-match
Kylian Mbappé muselé par les latéraux de l’Ukraine. Icon Sport

Problème : au lieu de se focaliser sur d’autres solutions à même de perturber l’Ukraine, Didier Deschamps s’est acharné avec les couloirs. Il a ainsi remplacé ses deux ailiers, en commençant par Kingsley Coman (qui avait pourtant été le plus en vue). Mais son remplaçant Ousmane Dembélé n’a rien apporté de plus et s’est contenté (à quelques exceptions près) de remettre la balle en retrait. Après la sortie de Kylian Mbappé à la 77e minute, c’est même un Adrien Rabiot globalement très discret qui a fini par occuper le couloir gauche…

Ousmane Dembélé n’a pas su faire la différence contre l’Ukraine. Icon Sport

Des Bleus bien trop seuls sur le front de l’attaque

Dans son coaching, Didier Deschamps paraît s’être trompé d’angle d’attaque. Face à cette équipe d’Ukraine très regroupée, qui ne laissait pas le moindre espace, c’est de poids dans la surface, de renforts au centre de l’attaque dont les Bleus avaient besoin. Mais le sélectionneur des Bleus s’est escrimé à garder une seule pointe, qui a d’abord été Olivier Giroud, puis Antoine Griezmann à la sortie de l’attaquant de Chelsea (63e), et enfin Anthony Martial, entré trop tard (77e) pour avoir un impact. Des soldats lancés au front qui étaient bien trop seuls, pris en tenaille par les trois défenseurs centraux ukrainiens.

Anthony Martial contre l’Ukraine. Icon Sport

Pourquoi Didier Deschamps n’a-t-il pas tenté un système à deux attaquants face à l’Ukraine ? Une solution qui produit souvent ses effets face à un bloc aussi regroupé. D’autant que les Bleus possèdent les profils adaptés pour l’utiliser à bon escient : un Olivier Giroud qui amène de la présence dans la surface, et un Wissam Ben Yedder qui peut se balader entre les deux autres défenseurs centraux pour semer le trouble dans l’arrière-garde. Ainsi, Antoine Griezmann aurait eu plus de solutions pour combiner près de la zone de vérité.

Olivier Giroud et Wissam Ben Yedder associés en attaque face à la Finlande, en novembre 2020. Icon Sport

Ça tombe bien, un tel système à deux attaquants avait déjà été essayé par Didier Deschamps l’an dernier (sous la forme d’un 3-5-2). A l’époque, le sélectionneur des Bleus disait vouloir se réserver une corde supplémentaire dans son arc, en cas de défaillance de ses options tactiques préférentielles. Mais ce mercredi, il n’a pas jugé bon de le ressortir de son chapeau…

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