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LdC (F): Un record mondial d’affluence, et maintenant ?

Simple illusion ou réel espoir ?

Le record d'affluence pour un match de football féminin a été battu au Camp Nou lors du match de Ligue des champions entre le Barça et le Real Madrid. Icon Sport
Le record d'affluence pour un match de football féminin a été battu au Camp Nou lors du match de Ligue des champions entre le Barça et le Real Madrid. Icon Sport

Après le quart de finale de Ligue des champions entre le FC Barcelone et le Real Madrid et un record d'affluence au Camp Nou, le plafond de verre du football féminin a-t-il enfin été brisé ? Rien n'est moins sûr... Plus

Barça-Real, une affluence record

Ce mercredi 30 mars 2022 restera à jamais dans les livres de l’histoire du football féminin. Du football tout court, d’ailleurs. Lors du quart de finale retour de Ligue des champions, entre le FC Barcelone et le Real Madrid, le record d’affluence pour un match féminin a été battu au Camp Nou. 91 553 personnes ont assisté à la qualification d’Alexia Putellas et compagnie face à une équipe madrilène en pleine construction (8-3 agg). Un spectacle incroyable dans les travées catalanes, en témoigne le gigantesque brandi par les supporters dans tout le stade.

Jusque-là, le record mondial était détenu par les États-Unis lors de la finale du Mondial 1999 contre la Chine au Rose Bowl de Pasadena, en Californie. 90 195 personnes avaient alors fait le déplacement dans le stade américain pour assister à la victoire des USA aux tirs au but. En club, le record appartenait l’Atlético de Madrid en 2019, lors d’un match de Liga féminine contre le FC Barcelone, au Wanda Metropolitano (60 739 spectateurs).

Le football féminin en plein essor ?

Il aura donc fallu attendre un peu moins de 23 ans pour voir le record mondial tomber. Il faut dire qu’après la finale de 99, le soufflé était retombé. 26 000 spectateurs assistaient à la finale en 2003 (États-Unis), 31 000 en 2007 (Chine), 48 000 en 2011 (Allemagne), 53 000 en 2015 (Canada) et 57 000 en 2019 (France).

Force est de constater que l’intérêt pour le football féminin est grandissant. En témoigne la vente éclaire des billets pour la finale de l’Euro 2022, qui se jouera en Angleterre. En une heure, l’UEFA n’avait plus de places disponibles sur son site pour l’ultime match de la compétition, à Wembley. Pour autant, les grands stades britanniques ne seront pas utilisés, hormis Old Trafford, l’antre de Manchester United.

St Mary’s Stadium (Southampton), Bramall Lane (Sheffield) ou encore American Express Community Stadium (Brighton) font partie des stades qui accueilleront les 16 équipes, dont l’équipe de France. Encore loin des 24 nations qualifiées chez les hommes.

En France, la D1 Arkéma recule

Et dans l’Hexagone, qu’en est-il ? Le soir même du record mondial du Camp Nou, le Parc des Princes battait son record d’affluence pour un match de football féminin lors de la qualification du PSG face au Bayern Munich (2-2, 4-3 agg). Pas moins de 27 000 spectateurs avaient garni les travées parisiennes. En France, le record est toujours propriété de l’Olympique Lyonnais, en 2019 contre le PSG, avec un peu plus de 30 000 personnes.

Marie-Antoinette Katoto, meilleure buteuse de l'histoire de l'équipe féminine du PSG. Icon Sport
Marie-Antoinette Katoto, meilleure buteuse de l’histoire de l’équipe féminine du PSG. Icon Sport

Malheureusement, le football féminin ne scintille que par instant sur la scène mondiale. Et le retour à la dure réalité de la D1 Arkéma est parfois difficile à vivre. Et sinon, demandez aux joueuses des Girondins de Bordeau. Proches de l’exploit contre Wolfsburg en barrages de Ligue des champions à Libourne devant plusieurs milliers de spectateurs, puis battues par Fleury en championnat. Le tout dans un stade Sainte-Germaine abandonné ou presque. Au quotidien, très peu de clubs offrent des conditions dignes de ce nom aux joueuses. Des terrains synthétiques, des pelouses pas toujours en très bon état… Et un championnat qui passera la saison prochaine de douze à dix équipes.

La Coupe du monde, un simple mirage

Cette décision avait provoqué la colère de nombreuses joueuses, dont celle d’Ada Hegerberg. « C’est une honte. La Coupe du monde en France n’était qu’une illusion. Autant faire un petit tournoi un week-end de mai prochain si on dérange la FFF« , avait affirmé la buteuse de l’Olympique Lyonnais. Si les Lyonnaises sont mieux loties que leurs concurrentes (hormis le PSG), elles qui ont été instigatrices du football féminin en France sous la houlette de Jean-Michel Aulas. Mais là encore, le chemin est encore long et sinueux.

Effectivement, la Coupe du monde en France n’était qu’un simple mirage. L’enthousiasme est retombé dès lors que l’équipe de Corinne Diacre a pris la porte. C’était en quart de finale face aux futures vainqueures, les Américaines. Et deux ans plus tard, les avancées sur le plan national semble encore trop faibles. Ce serait pourtant plus que jamais l’occasion de surfer sur le moment historique vécu au Camp Nou, chez nos voisins espagnols. Rêver ne coûte rien, après tout.

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