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Farès Bahlouli revient sur sa carrière : « si je me regarde de l’extérieur, c’est du gâchis »

Ses échecs, ses regrets, ses rêves… L’ancien grand espoir de Lyon dit tout !

Farès Bahlouli. Icon Sport

Ancien grand espoir du foot français et de l'Olympique lyonnais, Farès Bahlouli a surpris tout son monde en signant récemment en... D3 ukrainienne. Mais que s'est-il donc passé pour en arriver là ? Pour France Football, le milieu offensif de 25 ans a accepté de revenir sur cette période d'errances, ses échecs et ses espoirs pour le futur. Plus

C’est une des histoires comme seul sait en faire le football. En mars, Farès Bahlouli, ancien grand espoir du foot français qui avait effectué ses débuts en pro à l’Olympique lyonnais à seulement 18 ans, s’est engagé en… D3 ukrainienne. Incompréhensible aux yeux de ses fans de toujours, qui se sont empressés de commander son nouveau maillot pour lui manifester leur soutien.

Une anecdote qui montre bien à quel point Farès Bahlouli reste la coqueluche d’un grand nombre de fans, notamment de l’Olympique lyonnais, malgré sa descente aux enfers. Le milieu offensif de 25 ans a accepté de revenir sur cet épisode, et tant d’autres, lors d’une interview vérité accordée à France Football.

Aux origines de la descente aux enfers

Comment passe-t-on d’un statut d’immense espoir à anonyme joueur de division amateur aux confins de l’Europe ? Farès Bahlouli a répondu à cette question pour France Football, en pointant notamment l’importance des débuts. Même lorsque tout se passe bien pour un grand talent qui marche sur l’eau, un simple petit grain de sable peut suffire à tout faire dérailler. Mais en réalité, comme Bahlouli l’assure, la réussite d’un jeune dépend de « plein d’autres choses que le terrain« . Illustration avec son cas personnel :

« Lors de ma première saison avec les pros, je suis bien pendant les matches amicaux et j’ai du temps de jeu en début de saison. Puis je pars en équipe de France Espoirs. A mon retour, on me met en réserve… On vient m’expliquer que je rigolais dans le bus après une défaite à Evian (1-2, le 31 août 2013). Quelque temps après, j’apprends qu’il fallait en fait réintégrer Bafétimbi Gomis et Jimmy Briand. Le club ne voulait plus de leurs salaires conséquents mais eux ne voulaient pas partir. Tu prends plein de petites claques comme ça et tu ne comprends pas. J’avais 18 ans et je le vivais comme une injustice. Je me suis renfermé et j’ai moins bossé« .

Farès Bahlouli pour France Football
Farès Bahlouli à Lyon en 2013. Icon Sport

Le football, « un monde de requins »

Le problème, pour Bahlouli, est que les jeunes footballeurs, comme lui l’était à cette époque, ne sont pas préparés à ces différents paramètres. Le Franco-Algérien le certifie : il vaut mieux avoir le cœur bien accroché et pas trop de bons sentiments pour perdurer dans ce milieu.

« Le monde du football est compliqué. C’est un monde de requins. Le football est le sport collectif le plus égoïste. Chacun pense d’abord à soi. Ce n’est pas la vision que je m’étais construite quand j’étais petit et que je voyais le football à la télé. A l’intérieur, tout est différent. Beaucoup d’enjeux financiers, de la pression… Bien sûr que ça fait partie du job, mais je n’étais pas prêt. (…) Si tout était à refaire, je serais bien plus concentré et je bosserais plus dur pour atteindre mes objectifs. »

Farès Bahlouli pour France Football
Farès Bahlouli. Icon Sport

Les entraîneurs français en prennent pour leur grade

Les différents entraîneurs avec lesquels il a travaillés ont aussi eu une influence sur ses échecs. Le natif de Lyon pointe notamment du doigt les techniciens français, qui ont empêché la pépite d’éclore en se focalisant sur ses défauts plutôt que de mettre en valeur ses qualités :

« Les entraîneurs français, ça ne me va pas du tout. Je me suis bien plus éclaté avec (Leonardo) Jardim et (Marcelo) Bielsa qui me laissaient une liberté. Je suis un joueur qui ose mais les entraîneurs français sont craintifs. Ils aiment aligner des joueurs d’expérience, qui ne prennent pas de risques. Ils te brident et veulent te façonner pour que tu joues comme eux l’entendent, sans s’adapter à ton profil. »

Farès Bahlouli pour France Football
Farès Bahlouli et son ancien entraîneur à Lyon, Hubert Fournier. Icon Sport

Bahlouli avoue avoir pensé à la retraite

Et s’il a aujourd’hui su rebondir à sa hauteur, en trouvant un club qui lui donne du temps de jeu sans lui mettre trop de pression, Farès Bahlouli avoue avoir déjà pensé à arrêter sa carrière en pro, malgré tout son amour du football. C’était avec le LOSC, entre 2017 à 2019 :

« Le pire passage de ma vie était à Lille. Ils m’ont vraiment fait la misère. Je me disais : « C’est bon Farès. Tu as gagné suffisamment d’argent, tu es à l’abri. Arrête. » J’étais dans une bulle de négativité. Mais, heureusement, j’ai un entourage solide : ma femme, mes enfants, ma famille. Ils m’ont raisonné. J’ai vite repris pied. Tu vois bien que tu aimes beaucoup trop le football et que ce ne sont pas des personnes qui ne voient pas les choses comme toi qui vont te faire arrêter. C’est pour ça que je prends le risque de redescendre pour travailler et retrouver la base : le plaisir. Je veux me reconstruire. »

Farès Bahlouli pour France Football
Farès Bahlouli a pensé à la retraite chez les Dogues. Icon Sport

Sa carrière ? « Du gâchis »

Et pour cela, le joueur est obligé de se regarder avec lucidité. Celui qui a été international Espoirs français l’admet sans difficulté : il peut être considéré comme un échec.

« Quelqu’un d’extérieur qui connaît le joueur que je suis, qui l’a vu jouer et qui voit où j’en suis aujourd’hui, c’est normal qu’il dise ça. Moi le premier, si je me regarde de l’extérieur, je me dis qu’avec mes qualités, c’est du gâchis. (…) Le plus dur est de voir des joueurs, parfois d’anciens coéquipiers, qui font une carrière avec moins de qualités que toi. Mais attention, je n’envie et n’en veux à personne. »

Farès Bahlouli pour France Football
Farès Bahlouli en équipe de France Espoirs en 2015. Icon Sport

Bahlouli y croit encore

Un état d’esprit serein qui, on l’espère, va permettre au joueur de retrouver une bonne confiance en lui et les capacités de montrer ce qu’il vaut pour, un jour peut-être, toucher à nouveau du doigt son rêve :

« Pourquoi pas, un jour, si mes performances le permettent, revenir dans un club français et enfin prouver à la France le joueur que je suis. Et bien sûr, l’histoire serait encore plus belle si c’est à l’OL, mon club de cœur. »

Farès Bahlouli pour France Football

C’est tout le mal qu’on souhaite à ce virtuose du ballon rond terriblement attachant !

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