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EDF : Didier Deschamps, le film de trop avec les Bleus ?

Et s’il était temps de s’arrêter ?

La fin d'une ère ?
La fin d'une ère ? (Icon Sport)

Le dernier rassemblement des Bleus a été éprouvant, compliqué mais aussi alarmant. Sans aucune victoire en quatre matchs, l'Equipe de France a montré un visage totalement déboussolé. Est-ce la fin de l'ère Didier Deschamps ? Plus

Une marche haute

Une nation sur le déclin, une reprise et la gloire. Didier Deschamps arrive en 2012 au sein d’une équipe sans plus aucune motivation. Un groupe qui ne veut plus rien et qui ne parvient plus à se projeter dans le futur. D’ailleurs, la Coupe du monde 2014 est le premier vrai exercice du sélectionneur. Un quart de finale manqué, mais aussi, et surtout, une sympathie retrouvée. Il était là l’objectif de DD : redonner de l’intérêt à cette équipe dont la popularité a été noircie ces dernières années. Et c’est peu dire. Depuis le fiasco de Knysna en 2010, l’Equipe de France peine à sortir la tête de l’eau. Le quart de finale à l’Euro 2012 n’y changera rien. Didier Deschamps arrive comme un patron, un guide, une étincelle au milieu de ces doutes. La mission est grande et périlleuse, mais le destin est brillant.

Avec beaucoup d’espoir et un peuple qui commence à reprendre confiance, Didier Deschamps s’envole au Brésil, en 2014. Le quart de finale face à l’Allemagne d’abord plein d’amertume, se transforme rapidement en match symbole. Alors que nous pensions ne plus pouvoir vibrer et frissonner avec les Bleus, DD offre de l’intérêt et un regain énorme pour les supporters. Quelle était importante cette compétition ! La naissance d’Antoine Griezmann en équipe de France, notamment, mais aussi la mise en place d’un groupe. Blaise Matuidi, Patrice Évra ou encore Paul Pogba. Tous s’intègrent dans un groupe auquel les Français s’identifient. Avec ces joueurs, on le sent : il y a quelque chose de grand à faire. L’Euro 2016 le prouve. Une finale, en France. Des Bleus transcendés, des Bleus survoltés et la voix d’un peuple. La marche était haute, mais Didier Deschamps a réussi : le succès est de retour du bon côté.

1998 – 2018, un seul Graal

La défaite en finale de l’Euro face au Portugal est évidemment dans toutes les têtes. Les petits jeunes comme Kylian Mbappé, Lucas Hernandez ou encore Benjamin Pavard, arrivent dans un groupe où il n’y a qu’une chose en tête : terminer le travail commencé. Emmenée par Didier Deschamps, l’Equipe de France ne se rend donc pas en Russie pour enfiler des perles. Malgré un début de compétition compliqué, l’Argentine est sûrement le match de cette édition. Après une phase de poules très alarmante, les Bleus se sont dévoilés. Filmé tout au long de ce périple, Didier Deschamps s’est également livré. Des discours forts qui donnent envie de se surpasser. Une expérience en tant que joueur qui force le respect. Didier Deschamps a bien trouvé sa patte.

Didier Deschamps a remporté la Coupe du monde en 1998 et 2018.
Didier Deschamps a remporté la Coupe du monde en 1998 et 2018. (Icon Sport)

Jusqu’en finale de Coupe du monde, Didier Deschamps a su convaincre et montrer que l’équipe de France valait encore la peine d’être suivie. Par ailleurs, grâce à ce trophée, Deschamps devient le troisième entraineur de l’histoire à avoir remporté la Coupe du monde en tant que joueur et entraîneur. Il rejoint d’ailleurs Mário Zagallo (Brésil, 1958/1962, 1970) et Franz Beckenbauer (Allemagne, 1974, 1990). Qu’elle semble loin l’époque de l’Afrique du Sud ! On pensait alors l’équipe de France invincible. Seulement, les cycles sont faits pour être renouvelés.

Et si… c’était l’année de trop ?

Le Qatar… dans quelques mois, les Bleus s’envoleront donc pour le Qatar. Toujours portée par Didier Deschamps, l’Equipe de France rêve d’un troisième sacre. Mieux encore, elle rêve de conserver son titre. Le vivier Français fait peur. Du talent offensivement, défensivement, que ce soit du côté des titulaires ou des remplaçants. Quelle est belle cette génération qui arrive ! Elle nous fait même déjà languir. Seulement… les premiers essais font douter. En quatre rencontres, les espoirs d’une troisième étoile commencent à filer. Deux défaites et deux matchs nuls : voici le bilan de ces matchs. Des Bleus perdus qui ont dû mal à se trouver malgré un talent inné. Évidemment, il ne faut pas oublier l’enchaînement des matchs cette saison pour bon nombre d’entre eux. Mais le problème va bien au-delà. Avec un groupe totalement différent de celui connu en 2018, la méthode Deschamps fonctionne-t-elle toujours ?

Didier Deschamps est sur le banc des Bleus depuis 2012.
Didier Deschamps est sur le banc des Bleus depuis 2012. (Icon Sport)

À force de parfois trop vouloir en faire, on finit parfois par se perdre. Sous contrat jusqu’à la Coupe du monde au Qatar, cette compétition pourrait bien être son dernier défi. Sa dernière danse ? « Le foot reste du foot. Perdre, il n’y a rien qui peut plus m’énerver, mais là, il faut l’accepter et faire en sorte de repartir sur le droit chemin » confie Didier Deschamps. La période était rude. Blessures, problèmes personnels ou encore fatigue, le besoin de se vider la tête se faisait ressentir. Il y a encore quelques mois avant d’arriver au Qatar comme il se doit. C’est dans l’adversité et dans la difficulté que les Bleus sont les meilleurs. Besoin d’un déclic.

Un poste ingrat

« Le succès de l’Italie a donné raison à Roberto Mancini, car il a été champion d’Europe, mais avec la non-qualification au Mondial quatre mois après, est-ce que ça lui donne toujours raison ?  » déclarait Didier Deschamps dans les colonnes de So Foot. Un poste de sélectionneur qui se veut ingrat, intransigeant. Pour rappel, en 129 rencontres, l’entraîneur a connu seulement 20 défaites avec les Bleus… S’adapter, reconstruire et analyser. DD sait faire. On préfère donc accuser le coup et dire que ce rassemblement n’était qu’une mauvaise passe. Entre les organismes fatigués et les problèmes personnels, ce mois de juin est à effacer des mémoires.

Rendez-vous alors en septembre où l’équipe de France devrait retrouver de sa superbe avec l’envie d’en faire plus. « Personne n’a le sourire, bien évidemment. J’ai été joueur : quand vous finissez comme ça, vous ne pensez qu’à une chose : vous vider la tête. (…) Ils ne fuient pas, ils sont bien conscients de ce qu’ils n’ont pas assez fait » lance DD. Un film qui continue de durer. Plus victime d’un contexte compliqué que d’un souffle qui se coupe, Didier Deschamps semble avoir toujours les ressources nécessaires pour diriger ces Bleus, malgré tout. Les yeux sont rivés sur le Qatar.

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