Zinédine Zidane et le Real Madrid ne s'attendaient certainement pas à ça. En demi-finale aller de Ligue des champions (1-1), mardi 27 avril, les Merengue ont été bousculés comme rarement par Chelsea en première période. Et après la mi-temps, ils n'ont rien pu faire pour se rapprocher des cages d'Edouard Mendy.

Tenu en échec, le Real repart avec la curieuse sensation de ne pas avoir imprimé sa patte sur le match. Cette demi-finale de Ligue des champions a plutôt été marquée du sceau de Chelsea, qui a donné l'impression de contrôler les événements. Seul un Karim Benzema sauvage a réussi à perturber, sur un éclair de génie, la redoutable mécanique des Blues. Mais il va falloir beaucoup plus pour se débarrasser de ce Chelsea décidément indomptable.

Chelsea prend le Real Madrid à la gorge

Habitué à faire mal à ses adversaires grâce à son pressing, Chelsea avait pourtant un gros morceau à se coltiner en la personne du Real et de son monstrueux trio du milieu Modrić-Kroos-Casemiro. Mais le géant madrilène a cédé comme n'importe quel adversaire dès les premières minutes. Timo Werner a bénéficié d'une énorme occasion dès la 9e minute, avant que Christian Pulisic récompense la domination des siens en ouvrant le score (0-1, 14e). Dix minutes plus tard, Ben Chilwell manquait lui une belle opportunité de doubler la mise (25e).

Jorginho harcèle Luka Modric en demi-finale aller de Ligue des champions. Icon Sport
Jorginho harcèle Luka Modric en demi-finale aller de Ligue des champions. Icon Sport

Au-delà des occasions, c'est la pression étouffante imprimée par les Blues tout au long des 45 premières minutes qui en a fait avaler son chapeau à Zinédine Zidane.

"C’est vrai que la première période a été un peu compliquée (rires). On voulait presser, mais quand on ne sort pas bien, c’est très difficile. C’est ce qui s’est passé durant les 25 premières minutes, jusqu’à notre but."

Zinédine Zidane à RMC Sport après le match

Toni Kroos dans l'entonnoir d'Antonio Rüdiger et Christian Pulisic. Icon Sport
Toni Kroos dans l'entonnoir d'Antonio Rüdiger et Christian Pulisic. Icon Sport

Thomas Tuchel, lui, avait des raisons d'être satisfait de ce bon match nul à l'extérieur. Mais l'entraîneur allemand est plutôt apparu frustré après la rencontre, signe que son Chelsea aurait pu encore mieux faire.

"On méritait de gagner la première mi-temps. Nous avons fait une très forte première période, avec de grosses occasions. On ne peut pas être en colère, mais déçu. Quand on a autant d’occasions, c’est dommage. Si vous avez la possibilité de mener 2-0 ou 3-0, c’est un fantastique départ. Si vous ne le faites pas, c’est très dur de ne pas perdre confiance."

Thomas Tuchel à BT Sport après le match

Thomas Tuchel félicite Thiago Silva après le match contre le Real (1-1). Icon Sport
Thomas Tuchel félicite Thiago Silva après le match contre le Real (1-1). Icon Sport

Chelsea ferme la porte après la pause

Refroidis par l'enchaînement merveilleux de Karim Benzema (1-1, 30e), les Blues ont ensuite progressivement moins pesé. La faute à la "fatigue" pointée par Thomas Tuchel. En mode caméléon, les Blues ont alors switché vers un mode qu'ils maîtrisent à merveille : la gestion. Et quand ce Chelsea décide de fermer la boutique, plus rien ne passe.

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Karim Benzema n'a pas pu se mettre en valeur en deuxième période, après son éclair de génie en première. Icon Sport
Karim Benzema n'a pas pu se mettre en valeur en deuxième période, après son éclair de génie en première. Icon Sport

Alors que le Real est monté en puissance, "meilleur et plus en contrôle en deuxième période" selon les mots de Zinédine Zidane, le deuxième but est resté aussi loin que les Madrilènes des cages d'Edouard Mendy. "Nous n'avons pas réussi à trouver ces espaces pour jouer plus direct" , a résumé Raphaël Varane à Movistar. Même fatigué, Chelsea n'a rien laissé passer. Et au retour, il faudra marquer au moins une fois pour faire trembler ces Blues en béton. Jusqu'à quel point Karim Benzema est-il un super-héros ?