Sous l'impulsion de Shéhérazade Semsar-de Boisséson, l’OM bascule dans une ère d'austérité. Entre une valorisation record à 1,2 milliard d’euros et la quête d'un actionnaire minoritaire, Frank McCourt tente un pari financier risqué pour éponger 500 millions d'euros de pertes.
L'Olympique de Marseille entre dans une zone de turbulences institutionnelles majeures. Alors que l'ère Pablo Longoria a définitivement touché à sa fin, le club phocéen voit l'émergence d'une nouvelle figure de proue : Shéhérazade Semsar-de Boisséson (SSdB). Initialement présentée comme une conseillère technique sur les dossiers législatifs, la PDG de McCourt Global a désormais pris les rênes de la stratégie olympienne, marquant un tournant radical dans la gouvernance de Frank McCourt.
Une reprise en main politique et financière
Le temps des diplomates semble révolu au centre Robert Louis-Dreyfus. "SSdB" ne se contente plus d'être dans l'ombre via le conseil de surveillance, alors qu'elle s'imposait déjà aux côtés de Longoria lors des réunions de la LFP. Sa feuille de route se rapproche plutôt d'un chemin d'austérité. Ce changement de paradigme s'est manifesté dès le dernier mercato, où les consignes de rigueur budgétaire ont primé sur les ambitions sportives immédiates.
Soutenue par la communicante Anne Méaux (société Image 7), la dirigeante de 57 ans tente de peser sur les instances du football français pour maximiser les droits TV, nerf de la guerre d'un club dont le déficit avant impôts affichait 105 millions d'euros au 30 juin 2025. Cette omniprésence crispe déjà une partie des supporters, notamment sur les réseaux sociaux, alors qu'elle doit piloter le dossier brûlant de la succession de Pablo Longoria.
Le prix fou de la vente : 1,2 milliard d'euros pour l'OM ?
Le dossier le plus brûlant reste celui de l'ouverture du capital. Frank McCourt, après avoir injecté près de 640 millions d'euros depuis son arrivée en 2016 pour un prix d'achat initial de 45 millions, cherche désormais à limiter ses pertes. Selon les informations de La Provence, le clan McCourt valoriserait aujourd'hui l'Olympique de Marseille à hauteur de 1,2 milliard d'euros.
Ce chiffre, qui peut paraître déconnecté de la réalité du marché, alors que Football Benchmark estimait la valeur du club à 594 millions d'euros en mai 2025, répond à une stratégie précise :
- Attirer un actionnaire minoritaire : L'objectif serait de céder 30 % du capital contre un ticket d'entrée de 400 millions d'euros.
- Conserver le contrôle : Malgré cet investissement massif, le futur partenaire n'aurait que peu de pouvoir décisionnel, se contentant de sièges au conseil de surveillance.
- Valoriser les actifs immobiliers et marketing : L'augmentation des revenus de sponsoring et la gestion du Vélodrome sont les arguments phares pour justifier cette envolée des prix.
Cependant, cette stratégie est à double tranchant. Sans une qualification directe en Ligue des Champions, la valeur intrinsèque de l'effectif et du club pourrait fondre rapidement. Pour McCourt, le pari est risqué : transformer l'OM en une licorne du football européen avant que l'essoufflement financier ne devienne irrémédiable.