Sur X, Raymond Domenech a publié un très long message indiquant qu'il s'opposait fermement à la production du documentaire Netflix sur le fiasco de Knysna en 2010. Selon lui, le montage n'a pas du tout respecté ses propos, alors qu'il n'a pas pu avoir de droit de regard avant publication. Découvrez ci-dessous l'intégralité de son message.

La sortie de Raymond Domenech

"16 ans après, cela devait être le documentaire de l’explication, de la réflexion et de l’analyse posée.

Ce fut un réquisitoire extraordinairement violent contre ma personne.

Cela devait être un documentaire de bonne tenue, où chaque version serait présentée équitablement.

Ce fut un film totalement à charge et d’une partialité nauséabonde.

Je n’ai pas accepté de participer à ce documentaire pour faire parler de moi, ni pour régler mes comptes.

J’ai depuis longtemps abandonné l’aigreur et ce qui se voulait une thérapie est devenu une poubelle haineuse.

La production de ce film, qui a changé deux fois en deux ans, n’a pas tenu ses engagements et a trahi ma confiance.

Nous avions décidé, en condition sine qua non de ma participation, que je disposerai d’un droit de regard sur tout.

Cela m’a été refusé in fine en toute impunité et avec la plus grande malhonnêteté.

Je n’aurais jamais validé une telle version car elle ne reflète ni ce que j’ai dit (choisissez les extraits les plus croustillants, coupez, montez, arrangez et vous aurez un film sensationnaliste qui n’a d’autre vocation que celle de « remuer la merde » pour faire de l’audimat et de jeter le discrédit sur un homme), ni qui je suis.

Je suis meurtri et trahi : cela raisonne comme un viol de mon âme.

Un vol de mes émotions d’un moment.

Pour toutes celles et ceux qui ont tenu à un moment donné de leur vie un journal intime, (elles) ils sauront combien les pensées écrites sont parfois dures à l’égard des autres (et de soi), qu’elles ne sont pas destinées à être livrées telles qu’elles et, surtout, qu’elles permettent, à ce moment-là, de maintenir en vie une femme ou un homme, accablé(e) de toutes parts, croulant sous le poids d’une pression déraisonnable et extraordinairement violente.

J’ai ouvert ma vie intime, celle d’un sélectionneur qui vit avec un groupe de joueurs des moments pas toujours simples - parfois heureux parfois lourds de tensions.

Ces notes n’auraient jamais dues être publiées telles quelles.

Les réalisateurs de ce documentaire ont préféré à l’investigation et à la rigueur, le soufre et la malhonnêteté.

Ce ne sont pas mes valeurs : je peux être frondeur parfois, provocateur, souvent, mais je ne suis ni irrespectueux, ni méchant, ni arrogant.

Je tiens ici à me désolidariser de toutes mes forces de ce documentaire dont la vulgarité et le sensationnalisme n’ont d’égal que son absence de déontologie.

Il n’honore ni le football, ni le journalisme.

Je tiens enfin à remercier les gens qui m’aiment et que j’aime, qui m’aident une nouvelle fois à affronter cette tempête injuste et violente, et tous les gens qui dans la rue, au quotidien, me témoignent leur amitié, leur soutien et leur reconnaissance.

Leur amitié est précieuse et d’une sincérité et d’une bienveillance qui me touchent profondément.

Raymond Domenech"