Le passage de Liam Rosenior à Stamford Bridge restera dans les annales pour de bien mauvaises raisons. Après seulement trois mois et demi de mandat, l'entraîneur de 41 ans a été limogé ce mercredi, laissant derrière lui un vestiaire en pleine mutinerie et un bilan sportif historiquement médiocre.
La défaite cinglante subie à Brighton (3-0) a été le point de rupture définitif. Ce revers a permis à Chelsea d'établir un record négatif vieux de 114 ans : cinq défaites consécutives sans marquer le moindre but. Si la direction espérait initialement laisser du temps à l'ancien coach de Hull City, la menace de voir la qualification européenne s'envoler a précipité sa chute. Pourtant, au-delà des résultats, c'est l'ambiance délétère et le manque de respect flagrant des joueurs à l'égard de leur manager qui choquent aujourd'hui les observateurs.
Un vestiaire qui ne répondait plus à Liam Rosenior
Les tensions ont débuté avec la mise à l'écart d'Enzo Fernandez, coupable d'avoir évoqué l'intérêt du Real Madrid. Cette décision a aliéné une grande partie de l'effectif. Selon plusieurs sources, les signes de déliquescence étaient partout : le coiffeur de Marc Cucurella aurait même fuité la composition d'équipe avant le dernier match. Le climat était tel que certains cadres, à l'image de Wesley Fofana, ignoraient ouvertement les consignes des adjoints en plein match.
L'autorité de Rosenior a été totalement sapée par des moqueries sur son apparence et sa communication. Surnommé "le professeur remplaçant" par certains joueurs, l'entraîneur a fait l'objet de plaisanteries sur ses lunettes, qu'il aurait fini par ne plus porter pour tenter de paraître "plus dur" aux entrainements, révèle The Independent. Ses discours, qualifiés de "langage LinkedIn" en raison d'un jargon managérial jugé forcé et artificiel, ont fini de le décrédibiliser auprès d'un groupe qui ne le trouvait plus sûr de lui.
La mutinerie finale après Brighton
Le coup de grâce est survenu lors de l'ultime interview d'après-match à l'Amex Stadium. En remettant publiquement en question la motivation de ses troupes et en qualifiant leur performance d'inacceptable, Rosenior a déclenché une véritable révolte. Les joueurs, furieux de ces critiques, ont définitivement tourné le dos à leur coach.
Face à cette situation de non-retour, la direction sportive a tranché dans l'urgence. L'objectif est désormais de provoquer un choc psychologique avant la demi-finale de FA Cup contre Leeds dimanche. En confiant l'intérim à Calum McFarlane, Chelsea espère sauver ce qui peut encore l'être d'une saison chaotique, marquée par l'échec cuisant d'un manager qui n'aura jamais réussi à se faire respecter par ses propres stars.