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Euro 2020, Danemark : Thomas Delaney, footballeur et daltonien

Son objectif : en faire voir de toutes les couleurs à l’Angleterre !

Thomas Delaney, le milieu du Danemark, est en demi-finales de l'Euro malgré son daltonisme. Icon Sport
Thomas Delaney, le milieu du Danemark, est en demi-finales de l'Euro malgré son daltonisme. Icon Sport

Thomas Delaney est l'un des cadres du Danemark, qui défie l'Angleterre ce mercredi 7 juillet en demi-finale de l'Euro 2020. L'aboutissement d'un joli parcours pour le milieu du Borussia Dortmund, malgré le handicap que constitue son daltonisme. En 2018, à l'occasion d'un match entre le Danemark (en rouge) et le Mexique (en vert), le joueur de 29 ans a notamment confié qu'il avait eu du mal à distinguer "qui était dans son équipe et qui était dans l'autre équipe"... Plus

Il peut parfois être vert de rage, mais il est actuellement rouge de plaisir. A 29 ans, Thomas Delaney est en demi-finales de l’Euro 2020 avec le Danemark… alors qu’il est daltonien. Une anomalie de la vision qui peut être très handicapante, comme le milieu danois, buteur lors du quart de finale contre la République Tchèque (2-1), l’avait confié en 2018.

Delaney : « il m’était difficile de voir qui était dans mon équipe ou dans l’autre équipe »

Quelques jours avant le Mondial russe, alors qu’il venait de disputer le dernier match de préparation du Danemark (qui jouait en rouge) contre le Mexique (qui jouait en vert), Delaney avait pris la parole au micro de la radio danoise DR P3 pour expliquer qu’il avait eu du mal à distinguer la couleur des maillots des deux équipes. Il s’était présenté de manière quasi-anonyme, réagissant au témoignage d’un supporter lui aussi atteint de daltonisme.

Thomas Delaney lors de l'Euro 2020 avec le Danemark. Icon Sport
Thomas Delaney lors de l’Euro 2020 avec le Danemark. Icon Sport

« Je m’appelle Thomas. Je suis daltonien et cela arrive. L’autre jour (lors du match entre le Danemak et le Mexique, ndlr), sur le terrain, c’était difficile de voir qui était dans mon équipe et qui était de l’autre côté. »

Thomas Delaney, le milieu du Danemark, en 2018 à la radio DR P3

Le supporter en question lui avait alors demandé pour quelle équipe il jouait. « Pour l’équipe nationale danoise » , avait simplement répondu Delaney, avant de partager son expérience de footballeur daltonien lors de ce match :

En 2018, le Danemark de Thomas Delaney (absent sur la photo) avait rencontré le Mexique (en vert). Le milieu avait confié après-coup qu'il avait eu du mal à reconnaître les joueurs de son équipe et ceux de la sélection adverse. Icon Sport
En 2018, le Danemark de Thomas Delaney (absent sur la photo) avait rencontré le Mexique (en vert). Le milieu avait confié après-coup qu’il avait eu du mal à reconnaître les joueurs de son équipe et ceux de la sélection adverse. Icon Sport

« C’est difficile à décrire. C’est comme voir différentes nuances d’une même couleur. D’habitude, nous jouons dans des shorts différents, mais cette fois-ci (lors de Danemark-Mexique), ils étaient tous deux blancs, ce qui a rendu les choses encore plus compliquées. Ce que j’ai fait, c’est regarder les visages, mais je devais le faire très vite pour ne pas perdre la balle. Lorsque les gens sont proches, on peut bien les voir, mais lorsque le rythme est élevé et qu’ils sont plus éloignés, c’est un peu difficile. »

Thomas Delaney, le milieu du Danemark, en 2018 à la radio DR P3

Des équipes qui jouent le jeu

Et heureusement que Delaney s’est confié à temps. Car lors du Mondial 2018, le Danemark et l’Australie devaient s’affronter en phase de poules, lors d’un affrontement entre rouges et jaunes qui aurait perturbé le milieu relayeur. Les deux sélections ont finalement accepté de revêtir leur deuxième maillot.

Thomas Delaney (à gauche) lors du match de poule de la Coupe du monde 2018 entre le Danemark - en blanc - et l'Australie - en vert. Les deux équipes avaient revêtu leur deuxième maillot pour ne pas perturber le milieu danois. Icon Sport
Thomas Delaney (à gauche) lors du match de poule de la Coupe du monde 2018 entre le Danemark – en blanc – et l’Australie – en vert. Les deux équipes avaient revêtu leur deuxième maillot pour ne pas perturber le milieu danois. Icon Sport

« (Les Australiens) auraient pu choisir d’autres couleurs et utiliser cela contre moi. Je n’aurais certainement pas remarqué le jaune. »

Thomas Delaney, le milieu du Danemark, en 2018 à la radio DR P3

Une chose est sûre : Delaney ne choisit pas ses clubs en fonction de leurs couleurs – potentiellement pénalisantes pour lui. Outre la sélection danoise (rouge), le joueur formé au FC Copenhague s’est révélé à Wolfsburg (vert) et fait aujourd’hui le bonheur du Borussia Dortmund (jaune). C’est donc ça l’amour du maillot ?

Thomas Delaney fait le bonheur du Borussia Dortmund (en jaune). Icon Sport
Thomas Delaney fait le bonheur du Borussia Dortmund (en jaune). Icon Sport
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